vendredi 9 août 2013

Slow down, everyone, you're moving too fast...

A chaque fois que je me retrouve devant mon clavier, devant un papier, prête à écrire ou à taper ce qui se trame à l'intérieur, je me retrouve devant l'angoisse de la page blanche. J'ai des choses à dire, j'ai des choses à partager, mais il est vrai que je ne sais pas comment les organiser, comment les sortir pour qu'ils correspondent à ce que je ressens vraiment. Je crois que ça fait longtemps que je ne me suis pas posée, que je n'arrive pas à récupérer tout se qui s'est passé ces mois derniers.

Je commence à prendre petit à petit un rythme plus lent, plus profond, plus simple. J'en ai moins le souffle coupé évidemment, mais je respire plus doucement, et bordel, tellement plus intensément. Je me suis apaisée. Je reconnecte avec le passé, j'envisage le futur, mais je le vis au présent. J'ai l'impression d'ouvrir un peu plus les yeux, de regarder directement ce que je veux, d'y voir une multitude de couleurs, dix milles tons de lumière, je ressens du bonheur, de la chaleur, je sens les odeurs, et ça me transperce le coeur. Je suis chez moi, et pour l'instant, j'en bougerai pas.

Je me cultive l'esprit avec des festivals, des événements où je n'aurai jamais imaginé assister,  je me surcharge de projets, d'envies de partager ce que j'ai vu, ce que j'ai vécu.  Un jour je trouverai bien le moyen d'en vivre. De vivre de ce qui me fait vivre. 

mardi 25 juin 2013

Tu vas quelque part ou tu vas tout court ?

Un soir, un vieil Amérindien parlait à son petit-fils du combat qui se livre à l'intérieur de chacun de nous: "Il y a deux loups en chacun de nous. Le loup du mal; c'est la colère, l'envie, la jalousie, la tristesse, le regret, l'avidité, l'arrogance, l'apitoiement, la culpabilité, le ressentiment, l'infériorité, le mensonge, l'orgueil, la supériorité, l'égo ... Et le loup du bien; c'est la joie, la paix, l'amour, l'espérance, la sérénité, l'humilité, la bonté, la bienveillance, l'empathie, la générosité, la vérité, la compassion.
"Quel loup gagne, alors?" demanda le petit-fils.
"Celui que tu nourris." répondit simplement le vieil homme.

La vie est faite de choix et nous sommes définis par ceux que nous faisons. On se retrouve toujours devant un dilemme quel qu'il soit, plus ou moins important, plus ou moins profond. Mon dilemme aujourd'hui est lié à mon avenir. J'ai compris que pour moi il était temps de décider de faire quelque chose de concret. Cela induit des responsabilités, des relations professionnelles, des stratégies, des horaires. Cela induit un quotidien, un groupe, ma motivation et mon énergie tournées vers un but particulier. Cela implique des attentes, des règles, du savoir-faire. Cela implique surtout de devenir adulte. 

Et mon dilemme est, finalement, est-ce que j'ai envie d'en être une, d'adulte ? 

La vie est tellement plus simple sans responsabilités, sans contraintes, de n'avoir à compter que sur mes envies personnelles, de n'avoir à gérer que mes émotions, de vivre au jour le jour, en fonction de mes opportunités et motivations. Vivre égoïstement mes moindres moments de bonheur, partager en petit groupe, vivre dans ma bulle. C'est tellement plus simple. Tellement trop simple.

J'ai toujours dit que mon travail ne définirait pas ma vie. Et c'est toujours une certitude, mon travail ne définira pas ma vie. Ce qui la définira en revanche, sera ce en quoi je crois vraiment, ce qui fait écho en moi, ce qui me touche, ce qui m'attire. Et si le travail que je fais peut tirer sur le fil qui me touche le bout du coeur, c'est peut-être que je suis enfin prête à sacrifier de longs voyages de découverte pour participer à construire le monde que je veux. 

Be the change you want to see in the world,
comme disait l'autre.
Bah pourquoi pas, après tout. 

vendredi 7 juin 2013

"Si un jour on baisse les bras, coupez nous la tête."

Il y a un besoin d'écrire qui se fait ressentir. C'est signe qu'il y a quelque chose qui veut sortir. Tout est regroupé, la musique, l'ordinateur, le coin douillet. Mes doigts frappent les touches sans savoir où ils iront, ce qu'ils écriront. Le rythme des notes court sur le clavier et m'emmène vers un petit pays que j'aime beaucoup, mon ambition, mon envie, mon énergie. Mes pensées s'assombrissent, je ne vois plus de l'extérieur, je suis emportée dans ce lieu qui m'est familier mais pourtant si étranger. Ce lieu qui détient ma vérité, mais que je n'arrive toujours pas à déchiffrer. 

Comment tailler le morceau sur le papier, assembler mes pensées avec ces rythmes ensoleillés, les notes légères qui me parlent musique et qui me parlent couleurs. Soul ... My heart beats stronger, my soul feels deeper. I feel good, I feel goof. There's a need to stop and rest, to exhaust myself and have no other choice than facing the reality of my tireness. Mon voyage me semble avoir duré des années, des années de découvertes de nouveaux horizons, des milliers de chemins et des centaines de façons, virevoltant entre mes profondes interrogations, j'ai tout de même finit par enfin m'arrêter. M'arrêter pour rentrer. Rentrer pour m'apaiser, rentrer pour me poser. Rentrer pour assumer, pour prendre mes responsabilités. Rentrer pour faire bouger, pour faire profiter, partager, donner, transférer. Enfin rentrer chez moi, pour moi. Comment vous expliquer, comment vous raconter, que je suis rentrée pour écrire, que je suis rentrée pour diluer.

Be yourself, everybody else is already taken.



mardi 21 mai 2013

Maybe you'll dance the funcky chicken on your 75th wedding anniversary ...


"Enjoy the power and beauty of your youth. Oh, never mind. You will not understand the power and beauty of your youth until they have faded. But trust me, in 20 years you'll look back at photos of yourself and recall in a way you can't grasp now how much possibility lay before you and how fabulous you really looked. You are NOT as fat as you imagine.

Don't worry about the future; or worry, but know that worrying is as effective as trying to solve an algebra equation by chewing bubblegum. The real troubles in your life are apt to be things that never crossed your worried mind; the kind that blindside you at 4 pm on some idle Tuesday. Do one thing every day that scares you. Sing. Don't be reckless with other people's hearts, don't put up with people who are reckless with yours. Floss. Don't waste your time on jealousy; sometimes you're ahead, sometimes you're behind. The race is long, and in the end, it's only with yourself. Remember compliments you receive, forget the insults; if you succeed in doing this, tell me how.

Keep your old love letters, throw away your old bank statements. Stretch. Don't feel guilty if you don't know what you want to do with your life. The most interesting people I know didn't know at 22 what they wanted to do with their lives. Some of the most interesting 40 year olds I know still don't. Get plenty of calcium. Be kind to your knees, you'll miss them when they're gone.

Maybe you'll marry, maybe you won't, maybe you'll have children, maybe you won't, maybe you'll divorce at 40, maybe you'll dance the funky chicken on your 75th wedding anniversary. Whatever you do, don't congratulate yourself too much or berate yourself, either. Your choices are half chance, so are everybody else's. Enjoy your body, use it every way you can. Don't be afraid of it, or what other people think of it. It's the greatest instrument you'll ever own.

Dance. Even if you have nowhere to do it but in your own living room. Read the directions, even if you don't follow them. Do NOT read beauty magazines, they will only make you feel ugly. Get to know your parents, you never know when they'll be gone for good. Be nice to your siblings. They are your best link to your past and the people most likely to stick with you in the future.

Understand that friends come and go, but for the precious few you should hold on. Work hard to bridge the gaps in geography in lifestyle because the older you get, the more you need the people you knew when you were young. Live in New York City once, but leave before it makes you hard. Live in Northern California once, but leave before it makes you soft. Travel.

Don't mess too much with your hair, or by the time you're 40, it will look 85. Be careful whose advice you buy, but be patient with those who supply it. Advice is a form of nostalgia, dispensing it is a way of fishing the past from the disposal, wiping it off, painting over the ugly parts and recycling it for more than it's worth. But trust me on the sunscreen."


vendredi 17 mai 2013

Nous pensons trop, et ne ressentons pas assez.

J'ai finis ma formation de ViaExperientia.

J'ai l'impression d'avoir saisi le concept, mais je ne l'ai pas encore digéré pour être capable d'en parler. C'est un profond changement qui s'est fait en moi, et en même temps un changement si évident... J'ai l'impression d'avoir ouvert une porte dont je cherchais la clef depuis un moment. J'ai l'impression d'avoir atterri, d'avoir levé les yeux pour voir d'où je venais, et de voir la fenêtre ouverte par laquelle je me suis engouffrée. Et puis je regarde autours de moi, et tout ce que j'y vois est plus brillant, plus vrai, plus fort. J'y vois surtout une nouvelle fenêtre vers laquelle je ne peux que m'élancer. Je suis rentrée dans un continuum, une mise en abysse, dont le but et la terminaison, si ils existent, sont pour moi le retour à l'essentiel. Le retour aux racines, à qui je suis vraiment, à ce qui fait écho en moi, à ce en quoi je crois profondément sans même le savoir. Je digère doucement ces émotions difficiles à décrire et difficiles à comprendre. Je me rends compte que beaucoup des mes réactions passées sont maintenant expliquées. Je comprends ce qui m'attire et qui m'a toujours attiré dans mes goûts et choix, je comprends mieux comment je fonctionne et ce qui fait résonance. Je sors la tête de l'eau, je vois ce qui est important, pour moi. Et je me demande comment j'ai pu regarder aussi profond et aussi loin dans l'autre direction, alors qu'il y a tout un autre univers et une échelle tellement plus grande qui s'offre à moi. J'ai peur de perdre ce sentiment de liberté, et d'être aspirée à nouveau par les profondeurs de mon passé. De ne pas être capable de faire le transfert, de garder ces nouvelles lunettes qui me donnent à voir tellement plus loin et tellement plus claire, la vie et les gens qui y errent..

Bref, l'album de Daft punk m'intrigue. J'aime et j'aime pas. Mais j'aime bien quand même. 

samedi 9 mars 2013

Mauvais souvenirs, soyez pourtant les bienvenus, vous êtes ma jeunesse lointaine.


It's funny to realise that all the participants of Via Experientia that I'm in contact with are evolving exactely the same as me regarding the "after Via" and I must admit that we all had up and downs and that the training was a part of our instability. Sometimes I surprised myself thinking that Via opened a door that I'm kinda affraid of, because I've no idea what's behind, and because I don't have the right key to close it if I wanted to. I felt really bad some days after Via, some weeks and months, I had a little crisis and rethought totally my life, but I was curious enough to continue to climb the mountain to get a better view at the horizon.
I have my good days where I see how useful the training has been, and bad days where I do not understand the need of pointing out that many questions in my head. I don't know where it will lead us, where it will lead me, if we will ever be the same after that, if the training has a real impact on our lives, or if it's just me still growing and getting more conscious. 
The only thing I understand is that I become more human. I slowly accept the fact that I will never be perfect and that no one can be. I accept the fact that people make mistakes, that I have weaknesses, that I have an experience that can help me go through any obstacle. I understand that everyone can bring me something, and that I am constantly influenced by other as much as I influence them.

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mardi 5 mars 2013

Les yeux sont le miroir de l'âme


J'ai souvent eu l'impression que mon appareil photo me donnait à voir les bonnes choses.

Je peux avoir un groupe de personnes devant moi, mon appareil ira se tourner vers une personne particulière. C'est pas la beauté physique en elle-même qui m'attire particulièrement, mais je suis sensible aux personnes remarquables, aux personnes intéressantes et intrigantes. Aux personnes qui ont ce quelque chose dans les yeux, ce quelque chose dans l'intérieur qui attire ma pellicule et qui donne sur chaque portrait une expression particulière. On peut comme lire la personne, comme si on pouvait vraiment la voir.

Mon appareil sait parfois rendre les gens beaux, beaux comme ils le sont vraiment. Et plus je connais ces personnes, plus je trouve les photos belles. C'est une question de moment, d'instant, de regard, de laisser aller. C'est dur de prendre une vraie photo, c'est dur d'être pris en photo, d'être naturel, soi-même, c'est une relation intime entre le photographe et le photographié, c'est un échange ultime, une confiance absolue en l'autre, la perte de soi dans un clic improvisé. La photo vient à soi. La photo parle de la personne et elle la dévoile.

Depuis que je suis rentrée en France, mon appareil reste au placard, je n'arrive pas à trouver le miroir qui correspond à ce que je pouvais trouver pendant mon voyage. Les gens, les sourires, les regards sont durs à percer. La confiance et l'intimité sont durs à instaurer. Les gens ne se donnent pas facilement, ils sont méfiants, ils portent un masque, deux masques, plusieurs masques superposés pour absolument pas montrer ce qu'ils sont, qui ils sont, comment ils sont.


Hier, une idée m'a traversé l'esprit. En regardant des vidéos documentaires, j'ai eu un besoin oppressant de ressortir mon appareil photo, de m'acheter un micro et de faire un film. Puis je me suis posée la question : de quoi est-ce que j'ai envie de parler ? J'avais envie de faire quelque chose de sérieux, de montrer, de faire découvrir un monde peu connu aux autres, de donner envie de regarder les choses autrement, de faire changer de point de vue, de casser les préjugés... Et le seul sujet qui me soit venu à l'esprit comprenant la majorité de mes envies, c'est le sujet du Népal et des enfants de la fondation.

J'aimerai faire découvrir en images à ceux qui ne peuvent pas y aller, la vie qui existe ailleurs. Les problèmes, les pensées, les projets et les sourires. Ce n'est pas quelque chose de simple, loin de là. Réussir à jongler entre leur innocence, les problèmes pour faire vivre la fondation, montrer que notre vie est simple, que la plupart d'entre nous sommes bien nés, montrer que ces gamins sont courageux et que Nima se donne à eux.


Je ne sais pas exactement quel sujet prendre dans le lot, ni de quoi parler vraiment. D'une personne ? D'un enfant ? De Nima? Du lieu où les enfants vivent ? De l'histoire de la fondation ? Du rapport orient /occident? Comment dérouler le film ? Comment faire parler les gens ? Comment mettre l'accent sur un point de vue ? Et quel point de vue ?

Avec la formation documentaire des ateliers Varan que j'ai suivie il y a maintenant plus d'un an, j'ai de bonnes bases mais aucune expérience. Et je ne veux pas me permettre de rater ce projet, rien que pour eux, je veux leur rendre cet hommage, je veux les aider comme je le peux.

vendredi 1 mars 2013

Ce monde n'est qu'un pont. Traverse-le mais n'y construit pas ta demeure.


Je suis de bien bonne humeur ce matin. Comme qui dirait, j'ai la patate.
Malgré le trop peu d'heures de sommeil dans les pattes, le rythme de travail qui assome les plus férus d'entre nous, les yeux encore légèrement endormis, j'ai le sourire qui est bel et bien présent.

Je crois que je suis reliée par un fil invisible à la météo.
Mon humeur reflète le temps qu'il fait dehors. Et même si je suis enfermée dans mon bureau, j'attends l'heure de pause avec impatience en regardant avec extase la neige fraiche se déposer délicatement sur le sol et y rester, sagement et bien froide, pour mon plus grand plaisir. 

Plus je rencontre du monde, et plus je me dis que la vie de saisonnier est celle de quelqu'un qui veut profiter, qui veut vivre, qui veut palpiter et crépiter de l'intérieur. Qui veut découvrir, qui veut danser, voler, rire et s'oublier. 

Tu bosses peut être comme un taré sur une certaine période, les 35 heures sont un concept que tu ne connais qu'officiellement sur le papier, les journées sont tout de même épuisantes et longues, mais tu  vis dans les vacances des autres. Tu vis en vacances, tu travailles dans la bonne humeur, tu as une conception du boulot qui est totalement différente des autres. Tu n'as peut être pas tes week-ends, mais tu fais tes virages en période creuse, tu n'as peut être pas un job à l'année, mais tu profites de ce que la nature peut t'apporter.

Mon job est loin d'être la définition de ma vie, mon job représente juste le meilleur moyen de parvenir à en profiter au maximum. 

La vie est belle et j'ai la belle vie.


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I am such in a good mood today.
Despite the (too) few hours of sleep, the job rhythm that kills everyone of us, the slightly sleepy eyes still, I have a real smile on my face.

I think I'm connected to the weather. My mood reflects the clouds or the sun outside. And even if I'm stuck behind my desk, I'm impatiently waiting my lunch break looking with amaze at the fresh snow that delicately falls on the floor and stays quietly, cold and still for my own pleasure.

The more I meet people, the more I'm thinking that seasonal life is the life of the ones who want to enjoy, live, throb and rattle from the inside. The life of the ones who want to discover, dance, fly, laugh and forget oneself.

Maybe you work like hell for a certain amount of time, the 35 hours/week is a concept that you vaguely heard of, days are exhausting and long, but you live in the others' holidays. You live on holidays, you work in good mood of others, you have an idea of a job that is totally different from the others. Maybe you don't have week ends, but you're doing your turns in low period, you're enjoying snow as soon as there is a few. Maybe you don't have a job for the whole year, but you enjoy what nature gives to all of us.

My job is far from being the definition of my life. My job only represents the best way to enjoy it at the maximum.

Life is good and  I have the good life.


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Une vidéo qui m'a marqué :

mardi 26 février 2013

"Pourquoi ?" dit celui qui voit la vie à la mesure de ce qu'elle est. "Pourquoi pas ?" dit celui qui voit la vie à la mesure de ce qu'il rêve.

Hier soir j'ai accompagné Magali-la-jardinière-de-l'ESI faire de l'escalade, et en fait ça n'avait rien a voir avec ce que je m'étais imaginé : mal renseignée comme je sais l'être, je pensais qu'on allait aller en salle dans un gymnase en ville, qu'on allait se faire des voies et s'assurer, qu'on allait faire ça simplement dans notre coin, en petit comité et payer notre séance en partant.

Mais non - et heureusement.

On est allés chez le cousin pisteur d'un moniteur au club de valfré, retrouver une petite dizaine d'autres gars, tous passionnés de montagne et de glisse. On a rejoint l'étage où les pans d'escalade nous attendaient, après être entrés dans une spacieuse ancienne bâtisse en pierres, visité une salle remplie de trophées de bois de cerfs trouvés l'été durant les randonnées, et être passés par l'atelier de menuiserie où l'odeur de la fraiche sciure de bois y était encore imprégnée. 
On rejoint finalement ces murs, construits par leur soins, entourés de polystyrène et surplombant une mer de matelas moelleux, quelques canapés éparpillés sur les côtés, une pile de chaussons pour qui trouve sa taille et les basses des enceintes qui reflètent le son d'un bon choix de musique reggae.
Une ambiance intime et conviviale, en petit comité, présent qui veut s'y présenter, suivit d'un repas cuisiné entre gars et quelques bières pour célébrer les quelques nouvelles voies découvertes dans la soirée.

Avec mon niveau débutant et ma surprenante timidité, j'avais un peu l'impression de faire de trop, entre leur expérience et le dévers, je dois avouer que mes doigts n'ont dû effleurer qu'une petite et modeste dizaine de prises bien ancrées et faciles d'accès. Ma gêne étant malgré tout plus présente que ma curiosité, j'ai tout de même découvert un monde que je ne connais finalement vraiment pas, et qui m'a tout de suite charmé. Mais de cette initiation est née une sensation d'envie, de nécessité, de besoin de découverte, une part de manque me reste dans les mains, et j'ai vraiment envie de m'y suspendre une fois, ou deux, simplement quelques secondes de plus...

mercredi 30 janvier 2013

Pas de cerveau, pas de migraine.


Comment décrire la sensation que j'ai quand je fais de snowboard ? 

J'ai l'impression que c'est la seule place, le seul moment où je suis libre.
Le seul endroit où mon esprit vagabonde avec les virages, où plus rien n'existe autours de moi mis à part les carres de mon snowboard et les basses de mes écouteurs.
C'est une sensation de pure extase, d'intense plaisir, de puissance, de jouissance, lorsque j'arrive à placer un slide sur un temps fort, lorsque mes virages s'accélèrent au début du refrain, lorsque je tente quelque chose de nouveau sur du gros son, ou quand je carve sur une fin de chanson.


En ce moment j'en suis à ma période Cypress Hill.
Une période où j'ai envie de glisser pour moi, de pas regarder derrière, d'aller vite, en rythme.
J'ai envie de découvrir de nouvelles choses, j'ai envie d'essayer, de me casser, de me planter et me relever. Je recherche de nouvelles sensations. Je me flingue les tympans avec ce son. Je recherche, j'essaye, je mange de la neige et je repars pour gratter un peu plus, un peu plus loin. Je cherche mes limites, je touche les limites, j'ai des bleus partout, il me reste la moitié d'un genou, je joue ma gangster des neiges, et ça me fait un bien fou. Bordel oui, ça me fait un bien fou.

Ca me donne de l'énergie, ça m'apaise, ça me frustre et ça m'épuise. Je suis à peine en bas des pistes que je veux remonter de nouveau danser sur ma planche, essayer quelque chose qui va m'envoyer dans les branches. J'y ai déjà laissé un pouce et un masque, mais rien ne vaut cette explosion de fierté, cette sensation de bombe qui vient de te sauter devant le nez.

Le snowboard, j'en fais quand je dois me défouler, quand je dois me casser les jambes, ou j'en fais quand je veux me faire kiffer. Ça me fait du bien. Ma planche est là quand j'en ai besoin, quand je veux profiter. Elle est toujours présente, que j'ai une heure ou que j'ai toute la journée, quand il fait beau ou même quand il fait mauvais. Elle sait quand il faut tourner, elle sait quand il faut foncer, elle sait se plier à mes envies, se coordonner à mes pensées.
C'est un rendez-vous avec ma planche, un rendez-vous avec moi même.
On se retrouve toutes les deux, et on se fait putain de grave bien kiffer.  

samedi 26 janvier 2013

Si t'es pas mort, envoies plus fort !


Je range mon appart pour mettre de l'ordre dans ma tête. 
Plus c'est propre autour de moi, et plus c'est censé être clair dans mon esprit. 

En ce moment, je m'efforce que tout soit en place, que tout brille, mais bizarrement quelques minutes après je dois recommencer. C'est plus fort que moi, tout se désordonne, tout se déplace, rien ne veut être à sa place. C'est comme si mes plats me faisaient la guerre, mes vêtements me font l'occupation, et mes bouquins me boudent. 

Et moi, au milieu de toutes ces parties de moi, j'ai l'impression de forcer le destin en voulant m'éclaircir le cerveau, de nier le fait que je suis quelqu'un de bordélique, de renier mon moi profond qui est sûrement quelqu'un qui n'a pas envie que ce soit rangé, qui n'a pas envie que ce soit clair, qui trouve son ordre dans le désordre, qui se sent chez soi dans ce petit coin bien rempli, bien douillet, construit et élaboré selon des gouts décalés et tout à fait subjectifs de rangement, de désorganisation, et de remplissage de jardin de vie. 

Je crois que j'aime bien le désorganisé finalement. Un désorganisé habitué, volontaire, qui te le rend bien, qui te donne le temps de penser à autre chose, de vivre autrement, de te proposer une autre alternative que celle de ce moule tout cuit, organisé, prêt à l'emploi. Un désorganisé qui peut t'offrir une vie bien différente, encore plus marginale, libérée de toute perte de temps à vouloir penser à ranger, caser, étiqueter, classer. Simplement guidée par cette pensée intérieure, qui ne pense pas à prévoir, qui ne pense pas à après, qui se contente de la chaleur des ressentis, de la force des sentiments, de l'ardeur des émotions. C'est décidé, ma chambre, je la rangerai plus jamais, et ma vie, on verra bien où je la mènerai. 


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I clean my flat to clean my head. 
The more it's organized around me, the more organized it is supposed to be in my mind. 

But at this moment, I force myself to sort my things, to clean everything, and oddly, I have to start all again a few minutes after I've started. It's stronger than me, everything moves, everything is disorganized, nothing wants to stay still. It's just like if my dishes call me to war, my clothes are occupying, my books are offensed. 

And me, in the middle of all this parts of me, I feel like I'm forcing my duty in wanting to be clear in my head. in refusing the fact that I'm a mess, that I am someone that don't want to sort, that don't want to be clear, that find my order in disorder, that feels home in this messy place, this cosy place, built and thought regarding weird and personal tastes of organization, disorganization, and filling up my life garden. 

I think I like disorganization finally. A voluntary disorganization, that gives you time to think about something else, to live differently, to offer you an alternative that this social mold already cooked, all organized, ready to use. A disorganized that can offer you a very different life, even more marginal, released of any loss of time trying to think of storing, cram, label, classify. Simply guided by this inner thought, that does not think of predicting, that doesn't think of after, that just feel the heat of the strength of feeling, the passion of emotions. It's decided, my room, I would never clean it ever, and my life, we'll see where I will lead.

vendredi 11 janvier 2013

When words fail, music speaks



Tout ce que je vis, je le vis avec passion. Je vis les choses à fond, que ce soit en bien ou en mal, je les vis de tout mon être, je les vis tout en entier - et c'est parfois dur à digérer. Alors j'écoute de la musique, je découvre de nouvelles choses, ça me fait voyager, les notes me font voler au dessus de mes petits soucis, et puis j'oublie tout et je souris. Je me dis que, vraiment, la musique a une portée thérapeutique, une simple note peut déclencher une vibration qui va parler à notre intérieur, apaiser les maux douloureux et redonner au visage ses traits rieurs.

La musique me parle. J'évolue avec elle, elle décrit mon humeur, elle me fait vivre, elle me donne une autre vision, un autre ressenti, elle me remémore des instants, des sentiments, des images et des passages précieux, elle a une odeur de fortune, de richesse, de vécu et d'amour. Je peux difficilement me passer d'elle. La musique ne me portera jamais défaut, je ne pourrai jamais en être déçue ou lassée, je la redécouvre toujours. Je peux passer des heures à la recherche d'un son qui me fondra dans les oreilles, qui me fera flotter de l'intérieur, qui m'apaisera et me rendra heureuse, qui me rythmera et me rendra bulleuse. Un son qui me correspond, qui répond à l'appel d'un besoin profond de me trouver, de me retrouver, seule, devant mes questions, pour mieux me comprendre, pour mieux y répondre, et m'expliquer pourquoi c'est cette musique qui trouve les notes justes pour me donner ce dont j'ai besoin.

dimanche 6 janvier 2013

Bambi is a son of a biche

Ca y est, j'ai lâché l'affaire seulement un mois après être rentrée du Népal, et j'ai décidé d'adapter mon régime vegetarien.

En France, j'ai remarqué qu'il est très difficile, voir quasi impossible de ne pas manger de viande. J'ai vu une carte de restaurant avec de la viande dans tous les plats, sauf une entrée à base de ratatouille. Tout ce que l'on vous propose contient des tranches de jambon, des lardons, de la charcuterie ou un bon steak. 
J'avoue que dans la periode de fêtes dans laquelle nous nous trouvons, j'ai eu la faiblesse de goûter un morceau de foie gras, de picorer un bout de canard, d'accepter une tranche de charcuterie locale et je me suis  même laissé surprendre par une pizza jambon chèvre, qui, je dois l'avouer, ne m'a pas bien plut... J'aime moins ça, c'est un fait, mais j'aime ça quand même. 

Et puis étant donné l'abondance de chaire animale dans nos rayons de supermarchés et au détour des menus de restaurants, j'ai decidé pour ne pas vexer mes hôtes, de manger de la viande quand il y en aurait, et de faire la part des choses de mon côté. Comme me l'a sagement expliqué un soir un ami musulman, invités lors d'un barbecue, je préfère respecter la personne qui m'invite en acceptant ce que l'on m'offre, plutôt que de m'exclure en raison de différences alimentaires.

Je trouve ça beaucoup plus intelligent que d'essayer de convertir des personnes qui ne se sentent pas concernées par une telle idée. Je sais ce que je pense, je sais quel discours tenir, et j'ai découvert grâce à ces 3 mois sans viande une autre manière de cuisiner, de manger et d'apprécier la nourriture.


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Why have abs when you can have kebabs ?

There we go. I dropped the case just a little month after being back from Nepal, and I started to adapt my vegetarian diet.

It is actually almost impossible to not eat meat in France. I saw a restaurant menu with meat in every single dish but a little entrée with ratatouille. All the things we suggest you are based with ham, bacon, sausages or a good old steak. 
I have to admit that in these family dinners, this holiday period in which we are, I had the weakness to try again the foie gras, to peck a little duck piece, to accept a slice of local dry sausage and I even let myself get surprised by a smoked ham/ goat cheese pizza which, I have to say, didn't get the best effect on my. I don't like meat that much anymore, but I like it anyway.

But regarding the amount of animal chair in our supermarket shelves, and in our French restaurant menus, I've decided to not offense my hosts and accept meat when there is some. Just like a muslim friend told me one day, both invited to a barbecue, I prefer respect the person that invites me in accepting what they offer me to eat, instead of getting exclude for alimentary differences. 

I believe it's more intelligent than trying to convert people with things they don't feel concerned with. I know what I think, I know what to say, and thanks to these 3 months without meat, I discovered a new way to cook, to eat and to appreciate food.


dimanche 30 décembre 2012

You must remember this ; a kiss is just a kiss


Parfois, il y a des jours où le sourire n'a pas envie de se pointer. Où on a un creux au milieu du coeur, un grand vide dans le ventre, et une boule qui grossit dans la gorge. Des fois, faut juste relativiser, mais des fois c'est plus fort que soi.
Il y a une théorie comme quoi on n'a que ce que l'on mérite, et finallement c'est peut être vrai. On a toujours le choix de changer de trajectoire, de décider d'en faire autrement, d'aller voir comment l'herbe est dans une autre direction, sur un autre horizon. Mais prendre ces décisions impliquent une prise de risques que j'ai du mal à accepter. Alors j'ai honte.
Honte de réagir toujours aussi maladroitement à des situations si insignifiantes, honte de me dire que je me gâche des journées à m'embrouiller la tête de conneries, honte de me dire que je ne suis pas capable de prendre la décision qui me rendrait le sourire, honte de devoir déverser sur les autres mon désarroi et ma perdition dans un sentiment qui me bouffe complètement.
As time goes by, la décision se fera d'elle même, le lâcher prise aussi, et l'acceptation de l'échec, peut être.

 

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Sometimes, there are days where the smile doesn't wanna come out. Where we have a deep hole in the heart, a big emptiness in the belly, and fucking lump in the throat. Sometimes, we just need to get perspective, but some other times, it's just too big to get handled. 
There is a theory such as we only get what we deserve, and at the end it might be true. We always have the choice to change the trajectory, to decide to do otherwise, to go look how green is the grass on the other direction, on the other horizon. But take these decisions imply a risk acceptation that I'm not ready to take. So I am ashamed.
Ashamed to react so clumsily to situations so insignificant, ashamed to tell myself that I waste precious days to get confused in my head with stupid silly things, ashamed to think that I'm not able to take the decision that could bring me the smile, ashamed to have to discharge my sorrow and my perdition in an emotion that eats me completely.
As time goes by, decision will be taken by itself, let go also, and failure acceptation ... maybe.


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mardi 25 décembre 2012

Experience is not what happens to you. Experience is what you do with what happens to you.


La digestion de l'aventure, le retour à la réalité, l'alarme du réveil de fin de voyage est assez étrange, sonne plutôt fort, et on peut le dire, assez faux. L'atterissage est anormalement doux, mais les secousses de l'avion se font encore ressentir plusieurs semaines après avoir mis le pied au sol. La musique du retour est plutôt rythmée mais un brin mélancolique. Un peu comme les Giants of Jazz play Brassens, avec leur reprise de La Prière. 

Je suis retournée dans mes gonts, je me suis renfermée dans mon quotidien, mon confort, mes habitudes avec une vitesse qui me déstabilise et m'étonne. À croire que j'en avais vraiment besoin. C'est comme si je n'étais jamais partie, et que mon aventure n'est finallement qu'un beau rêve au réveil brumeux. 

Mais je culpabilise aussi, de les imaginer là bas, dans leur vie, et moi, loin de tout ce qu'ils peuvent imaginer, à profiter de ma pause midi pour dévaler les pistes. Et puis, forcément, je cogite, encore et toujours. Je réalise des trucs que je réalisais pas sur place, je compare nos vies, je pense à eux et je me dis que, vraiment, on est tous né quelque part. Et parfois, pour ne pas dire souvent - voir toujours - ce quelque part donne à ta vie une chance et des opportunités exceptionnellement bien camouflées dès le départ, comparé à ce que pourrait être les cadeaux de bienvenue au monde d'un autre.

Brassens parle des imbéciles heureux qui sont nés quelque part, et dans un autre sens, je me sens un  peu imbécile d'avoir à courir le monde pour me rendre compte de la chance que j'ai d'habiter et de vivre dans un lieu avec autant d'avantages et si peu d'inconvénients.

Je ne trouve pas les mots pour expliquer ce que je ressens, comment je le vis. Je suis heureuse d'être là où je suis, et depuis que je suis rentrée je sais un peu mieux qui je suis, d'où je viens et un peu aussi où je vais. 

Alors comme mon ami Brassens le chante si bien, 
et d'autant plus en ce jour de Noël, 
fête commerciale au Père Noël vendu chez Coca Cola

Je vous salue Marie.

vendredi 7 décembre 2012

It's time to forget the time

(aum)
SWEET
HOME




C'est le coeur chargé d'un bagage qui ne pèse pas lourd en soute que je rentre au bércail. C'est sûr, j'ai laissé une partie de moi là bas et ma notion du temps face à ces deux mois est complètement emmêlée, j'oscille entre vitesse et lenteurs, comme si on avait joué avec ma montre et mon cerveau... 

Mais le retour n'est pas si dur, la neige est au rendez-vous et met des étoiles dans mes yeux de gamine impatiente à l'approche de noël. Je me surprends à sourire aux remarques rageuses des français sur mon chemin, j'apprécie le silence et l'organisation impeccable des supermarchés, je respire avec une pointe d'excitation les odeurs chaudes et sèches d'hiver et de noël, tout en me gavant de fromage et de bon pain frais. Je suis toute excitée à l'idée de trouver ma planche de snowboard et j'exhibe avec fierté mon super bonnet violet made in Nepal. Non, le retour n'est pas si dur. 

J'ai dans le coeur ma vie népalaise, dans la tête le son des vagues corses, et j'ai la promesse des virages poudreux sur les pentes des montagnes savoyardes à portée de mains. Et quand je ferme les yeux, je souris à l'idée d'un avenir plein de surprises. La vie est belle mes amis. Et c'est bon d'être à la maison.


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I have a luggage in my heart that doesn't weight very much in the plane. I am back home. And for sure, I left a little bit of me in the himalayan peaks, and my time notion is totally mixed up. I move between speed and slowness, just like if someone played with my watch and my brain... 

But the come back isn't that hard. Snow is here, and put stars in my little girl eyes impatient thinking of Christmas. I surprise myself smiling to the annoyed french remarks, I enjoy the silence and the organisation of the supermarkets, I smell the winter and christmas flavours with an inch of excitement, and I eat cheese with good fresh bread. I can't wait to find my snowboard and I proudly go out with my new purple hat made in Nepal. No, coming back isn't that hard.

I have in my heart my Nepalese life, in my head the sound of the corsican waves, and I have the promise of powdery turns on the savoyard mountain slopes in my hands. And when I close my eyes, I smile to the idea of a future full of surprises. Life's good my friends. And it's good to be home.

mardi 4 décembre 2012

vendredi 30 novembre 2012

Zinziblit

En fait, je fais ma critique, mais peut être que les enfants ont besoin du cadre stricte de Nima. J'ai beau être ici depuis plus de deux mois, on ne s'est jamais vraiment retrouvées seules, elle et moi. Maintenant que Purna est remonté au village pour y construire son monastère, je la découvre encore un petit peu plus tous les jours. Et je découvre de belles choses.
C'est quelqu'un qui se livre peu, et qui parle peu. Peut être que ma vision trop occidentalisée me fait voir ce qui, à mon sens, pourrait être amélioré, et me cache la misère dans laquelle les enfants auraient pu être au lieu de se trouver là. Le fait est que mon insouciance, mon âge sûrement encore trop jeune, mon trop peu d'expérience, me font oublier que moi, Mathilda, fille de, amie de, née et éduquée en France, je suis partie avec de la chance dans la vie. Un putain de paquet de chance.

Et ca, rien ne me le fera comprendre comme le peut un Népalais. Je n'estimerai jamais la chance que j'ai et que j'ai eu, face à un enfant de village qui n'en partira jamais. Je ne saurai jamais la misère dans laquelle il vit car je sais qu'il existe quelque chose d'autre, et que je n'aurai jamais à la vivre. Et si, par choix, je décide d'en faire l'expérience, ce sera volontaire et je le prendrai autrement, car je saurai que ce n'est que pour un temps.

On vient au Népal pour apprécier ses montagnes et ses sourires, en sachant qu'il existe mieux ailleurs. On vient au Népal aussi pour mieux rentrer. On vient égoïstement se confronter à une autre population qui n'a pas notre chance, leur montrer qu'on est assez aimable pour partager, leur laisser quelque chose, mais tout ce qu'on fait d'un côté, c'est renforcer ce fossé d'inégalités et leur donner l'eau a la bouche. Oui, le Népal me secoue. Oui, le Népal m'ouvre les yeux et me fait un petit peu me haïr de mon égocentrisme.

En fait, ça vient sûrement d'une belle intention, on croit avoir raison, on croit sincèrement les aider en estimant que notre façon de faire est la meilleure, parce que chez nous, c'est comme ça. En fait, peut être que les enfants ne sont simplement pas prêts à recevoir une éducation plus souple. C'est simplement pas la règle du jeu ici. Et moi, en bonne occidentale qui se respecte, pensant tout savoir, j'me fourrais bien profond le doigt dans l'oeil.


Aujourd'hui jai demandé aux enfants quelle était l'importance de Nima dans leur vie. S'ils pensaient avoir besoin d'elle, si c'etait mieux avec ou sans elle à la maison. Ils m'ont tous répondu plus ou moins la même chose : Nima est stricte, ils en sont conscients, mais ils en sont aussi reconnaissants. Pour eux, c'est la meilleure façon de s'en sortir. Ils disent même que Purna est plus stricte que Nima. Et qu'ils se sentent perdus ("affraid") lorsqu'ils sont loin de la maison. Ensuite, je leur ai demandé ce qu'ils voulaient devenir s'ils avaient le choix. Étant tous agés entre 10 et 17 ans, j'ai eu plusieurs réponses variées : entre quelques hésitations, des métiers dans la nature (guide) ou dans l'éducation (professeur), la plupart m'ont quand même répondu du tac au tac, m'avouant qu'ils rêveraient de devenir social worker, pour aider les gens à s'en sortir. Bim bam boum, j'ai plus rien à dire. Bonne journée.


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In fact, I do my critical, but the children might actually need the strict framework of Nima. I'm here for over two months now, and we have never been really left alone, her and me. And as Purna went to the village to build his monastery, I am discovering a little more of her every day. And I find beautiful things.

She's someone who doesn't speak much and keeps a lot to herself. And maybe my vision too westernized show me what, in my opinion, is not quite good, and hide me the misery in which children could be instead of being there. The fact is that my carelessness, my age probably too young, too inexperienced make me forget that I, Mathilda, daughter of, friend of, born and educated in France, I arrived in life with luck. A shit good package of luck.

And that, nothing will make me understand it as could a Nepali person would do. I do not even esteem the chance that I have and that I had regarding a kid from a village who will never leave it. I'll never know the misery in which they live because I know that there is something else, and will I never have to live it. And if by choice, I decide to make the experiment, it will be a voluntary choice and it will make this experience different because I would know that it is only for a time.

People come to Nepal to enjoy the mountains and the smiles, knowing that there are better things elsewhere. People also comes in Nepal for a better return. We just selfishly confront another population that does not have our chance, we kindely show that we share, we leave them something, but everything we do in a sense, is to strengthen the inequality gap. Yes, Nepal shakes me. Yes, Nepal opens my eyes and makes me hate myself a little bit for my self-centeredness.

In fact, it probably comes from a beautiful belief, we believe we're right, we sincerely think we can help them because for us, it's like that. In fact, maybe the kids are just not ready to receive an education more flexible. This is simply not the game here. And I, in good Western-respecting person who thinks know everything, I was putting my finger in my eye very deep.

Today i asked the children about the importance of Nima in their lives. If they thought they needed her, if it was better with or without her at home. They've all said more or less the same thing: Nima is strict, they are aware of it, but they are also grateful. For them, this is the best way to become someone. They even say that Purna is more strict than Nima. And they feel affraid when they are away from home. Then I asked what they wanted to become if they had the choice. They are all aged between 10 and 17 years old, and I had several varied answer, between some hesitations, jobs in nature (guide) or in education (teacher), but most of them answer tit for tat, confessing their dream of becoming social worker, to help people get out of misery. Bim bam boom, I have nothing more to say. Good day.